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Petite séance de rattrapage, vu que ça fait un moment que je n’ai pas donné de nouvelles, pour cause de difficultés d’accès internet et surtout de journées bien remplies !
Aux dernières nouvelles j’étais à Coyhaique au Chili, prêt à prendre la Carretera Austral, une route mythique qui traverse toute la Patagonie Chilienne (1240 km, dont une grosse partie de piste) entre Puerto Montt et Villa O’Higgins.
La partie nord étant fermée un peu au sud de Chaiten, je pensais pouvoir louer une voiture à Coyhaique pour faire la partie sud. Manque de chance, le jour du départ,pas de voiture disponible, ou alors à des prix prohibitifs… J’avoue que ça m’a un peu agacé, alors après avoir fait le tour des agences, je suis retourné à mon hôtel, j’ai pris mes affaires et je suis parti… en stop !
Objectif : arriver à Villa O’Higgins en 4 jours (le samedi matin, un bateau permet de traverser un lac frontalier et après quelques kilomètres de marche, rejoindre l’Argentine. NB : ce bateau ne part qu’une fois par semaine, c’est un détail qui va avoir son importance !)
Première journée (mardi, donc) royale : après une petite heure de lever de pouce, un touriste chilien de Santiago s’arrête : il est dans la région pour aller jusqu’à Puerto Rio Tranquilo, et visiter les alentours. Impeccable, c’est aussi ma première étape ! 
On a donc partagé cette première journée, en s’arrêtant chaque fois que le paysage mérite un coup d’oeil prolongé et une petite photo (et les arrêts sont fréquents !)

Arrivés à Puerto Rio Tranquilo, on a traversé un lac vert clair somptueux pour aller voir de près les grottes de Marmol : en fait ce sont des trous creusés dans la roche par l’eau du lac qui monte d’un métre ou deux en hiver, et le résultat est époustouflant !

Deuxième journée (mercredi) plus difficile : au départ de Puerto Rio Tranquilo, j’attends depuis 2h et constate qu’il y a très peu de trafic. Je fais aussi la connaissance de Christian, un français qui suit un peu le même itinéraire que moi avec le même moyen de locomotion ! Nous décidons d’attendre ensemble. Pas longtemps. Une personne du coin nous emmène jusqu’à Puerto Bertrand, 100 km plus loin, on n’est pas encore à notre étape du jour (Cochrane, encore 60 km à faire) mais on est confiants. 
A Puerto Bertrand, on prend le temps de déjeuner, et de profiter du point de vue. C’est encore un tout petit village au bord d’un lac, au milieu des montagnes. Je me suis surpris à me dire que si je ne trouvais pas le moyen de continuer la route je pourrais bien, après tout, m’installer ici…
D’autant que l’après midi, record battu : 5h d’attente, 3 voitures, et aucune qui s’arrête. Oups ! Là ça commence à se compliquer, vous vous rappelez le coup du bateau à ne pas rater dans 2 jours ? 
Finalement on décide d’aller frapper aux portes du village pour voir si quelqu’un voudrait bien nous emmener moyennant finance. Et c’est Raul qui nous a emmené, un ptit papy menuisier (on l’a dérangé alors qu’il se construisait une petite barque) qui a bieeeen pris le temps de réfléchir avant de se décider à nous emmener (note pour la famille : ouais, il m’a un peu fait penser à…).
Après une bonne heure de route, mission accomplie ! Merci Raul, on est à Cochrane ! Petite ville sans grand intérêt, de toute façon on n’avait pas tellement le temps de visiter. On a plutôt essayé d’assurer la suite…
Troisième journée (jeudi) dans un fauteuil : à Cochrane, on a choisi la solution de facilité, à savoir prendre LE bus quotidien qui pourrait nous emmener à Caleta Tortel, la prochaine étape. Tant qu’on y était on a aussi réservé les billet pour le bus du lendemain, qui part de Cochrane et qui va jusqu’à Villa O’Higgins.
L’idée c’était d’avoir le temps de visiter Caleta Tortel, un village de pêcheurs entièrement construit sur pilotis, autour d’une lagune. C’est assez spécial, pas vraiment pratique pour se promener, mais ça a son charme. 
Quatrième journée (vendredi) dans la poussière : ça devait pourtant aller tout seul ! D’abord, trouver quelqu’un pour nous ramener sur la route principale (Caleta Tortel est à 20 km, sur une route secondaire). Coup de chance, on trouve tout de suite, il ne nous reste plus qu’à attendre le bus. Vu qu’on commence à s’habituer aux retournements de situation, on reste prudent : tant que le bus n’est pas là, c’est pas joué. 
Le bus arrive. On monte. Le bus repart. Bon, là on peut dire : mission accomplie ! Bah non. En fait si, je l’ai dit, mais à peine 10 secondes plus tard (authentique !) le bus cale. Moteur HS. On est 7 dans le bus (le chauffeur, 2 chiliens et 4 touristes) perdus au milieu des montagnes, sur une route où presque personne ne passe, rien à boire, rien à manger. Génial.
Alors qu’est ce qu’on fait ? Bah on attend. On a attendu 6h dans le bus, à se demander si on n’allait pas dormir là ! Entretemps quelqu’un est passé (dans l’autre sens) que le chauffeur a chargé d’appeler la compagnie pour qu’un autre bus soit envoyé sur place.
Et puis une camionnette est arrivée (dans le ‘bon’ sens), mais avec 3 places seulement. Je passe sur l’épisode du ferry, mais en insistant beaucoup on a finalement (enfin, 3 d’entre nous) fait les 150 derniers kilomètres de cette sacrée route à l’arrière de la camionnette, à manger de la poussière pendant plus de 2h 😉
Vivement l’Argentine !