Latacunga est un bon point de départ pour visiter les alentours, mais la ville en elle-même n’est pas fabuleuse, à part peut être son marché. Je remarque là encore à quel point les équatoriens sont typés, physiquement mais aussi dans leur mode de vie, leurs vêtements, c’est la première fois que je constate une telle différence avec le mode de vie occidental.
De Latacunga, il y a au moins deux visites incontournables : la première m’emmène dans le parc national de Cotopaxi, à 30 kilomètres au nord.
En cette saison, pas évident de profiter pleinement de ce sommet de 5897 m, d’ailleurs je me suis arrêté à 4500 m (preuve à l’appui), l’ascension vers le dernier refuge à 4800 m’apparaissant peu intéressante compte tenu de la visibilité.
Visite plus satisfaisante le lendemain, où j’ai pu descendre au coeur du volcan Quilotoa, 3914 m, et admirer la lagune du même nom. Là j’ai vraiment été épaté, c’est magnifique ! Seule petite frustration, ne pas avoir sous la main un appareil photo capable de voir la lagune en entier, mais bon tant pis pour vous, vous n’aurez qu’à venir voir vous-même, franchement ça vaut le détour !
Toujours plus au Sud le long de la cordillère des Andes, Baños est un petit paradis, si on n’a pas peur des volcans : c’est une petite ville très touristique (en raison notamment de ses sources d’eau chaude) située tout au fond d’une petite vallée, juste au pied du volcan Tungurahua (toujours en activité, la ville a d’ailleurs du être évacuée en 1999 !).

Je ne sais pas si c’est pour ça que les hôtels sont disponibles et pas chers, en tout cas c’est à Baños que j’ai trouvé l’hébergement au meilleur rapport qualité/prix : chambre assez classieuse avec salle de bains, eau chaude (pas toujours évident, ici !), télévision, balcon avec vue sur la ville, internet, pour 8 $ !
Du coup il m’a fallu beaucoup de volonté pour abandonner un temps ce confort et ce calme… Encore que, pour le calme faut voir, l’Equateur est en pleine période d’élections, et il faut reconnaitre que les militants se donnent à fond pour leur champion : tous les soirs, ce sont d’incessants défilés, avec danse, chants, discours, slogans, pétards et coups de klaxons, il y a même eu un feu d’artifice pour la clôture de la campagne.
Donc même si le confort est beaucoup plus spartiate, j’ai apprécié de me retrouver vraiment au calme (le singe moyen crie moins fort que le militant de base, globalement) dans la jungle équatorienne.
Un peu à l’est de Puyo, j’ai passé deux jours dans un lodge et fait de bonnes balades dans une nature encore plus “hostile” que la jungle brésilienne. La faune est moins dense, mais la végétation est encore plus dense et riche, et je ne vous parle pas de l’humidité. Faut oublier les chaussures de randonnée, là bas c’est bottes en caoutchouc obligatoires. D’ailleurs j’ai trouvé le moyen de m’enfoncer dans la boue jusqu’aux genoux (c’est pas une contrepèterie ça ? Ah non…).

Niveau “encadrement”, là encore j’ai constaté que l’équatorien de la Sierra, contrairement à beaucoup d’autres peuples d’Amérique du Sud, est sympa mais pas très causant. Visiblement, mon guide Carlos préfère la compagnie des bêtes – d’ailleurs elles le lui rendent bien :
En fait la vraie beauté de la jungle équatorienne c’est que la géographie de la région permet de rapidement s’élever pour l’admirer dans toute son immensité (je ne sais pas ce que vous en pensez – à vrai dire je m’en fous un peu – mais je suis assez fier de cette phrase, ah ah !)